Marc Rougier. Ce nom, si vous êtes totalement extérieur aux nouvelles technologies et à l’actualité des startups ne vous dit peut-être rien. Pourtant, il s’agit d’un entrepreneur français à succès.

 

L’homme a notamment créé Scoop.it, site qu’il gérait encore il y a quelques mois depuis les Etats-Unis. L’homme connait parfaitement le monde des startups, que ce soit en France ou à l’étranger. Fraîchement revenu dans notre pays, l’entrepreneur a vécu et voyagé partout à travers le monde. Marc était présent lors du Startup Weekend à Toulon pour y donner ses conseils d’entrepreneur, et m’a accordé de son (précieux) temps pour répondre à mes questions, sur la scène de l’Opéra.

 

Marc Rougier Scoop.it Startup Weekend Toulon interview

Merci à Jonathan Noble @gafisme pour la photo !

 

Après toute l’expérience acquise au fil de ces dernières années, quels sont tes conseils à ces jeunes qui souhaitent créer leur startup aujourd’hui ou demain ?

« La première impression que j’ai eu en discutant avec les startupeurs présents ce weekend, c’est que pas mal d’entre eux sont passés à côté de la notion d’équipe. Le succès d’un projet en Startup Weekend dépend bien souvent de ça, il faut des intérêts communs, des valeurs partagées.

 

La deuxième chose à garder en tête lorsqu’on crée une startup, c’est le sujet. Bien souvent, les jeunes entrepreneurs en choisissent un car il est à la mode. La vraie question à se poser, c’est surtout de savoir si les gens sont prêts à payer pour le service ou le produit créé. Le modèle capitaliste ne nous laisse pas le choix, nous sommes dans une véritable réalité économique et il ne s’agit pas juste de vouloir rendre le monde meilleur. La question à se poser, c’est recenser au moins 30 personnes autour de soi qui sont prêts à payer pour cette idée. Si on ne les trouve pas, c’est qu’elle n’est sûrement pas viable.

 

Marc Rougier Scoop.it Startup Weekend Toulon interview

 

Dans un Startup Weekend, on parle surtout de vitesse et de prise de risque, il ne s’agit pas juste de créer une application sympa et tendance. Ici, durant cet événement à Toulon, j’ai rencontré des gens intéressants, motivés et généreux.

 

Quand on crée sa startup, on y met tout ce qu’on a : de l’argent, du temps, de l’énergie. Je pense que la France devrait avoir un niveau d’ambition bien plus haut. Lorsque nous, les Français, allons à l’étranger, on a souvent une image de personnes arrogantes. Ce que j’attends des startupeurs, c’est qu’ils aient toutes les compétences, oui, mais aussi et surtout l’ambition qui va avec. Créer une startup, c’est une prise de risques élevée, il faut les ambitions élevées qui vont avec. »

 

Quelle est la place de la France dans le monde du web, des technologies et des startups aujourd’hui ?

« Je considère qu’il y a eu jusque là 2 web : Google, et Facebook. La France a complètement perdu ces deux premiers. La vague qui vient, c’est celle de la data (les données) et des objets connectés, et là nous avons un gros coup à jouer. Nous sommes très bien placés pour réussir dans cette vague, nous sommes dans une aire qui est à maturité dans ces domaines. Le monde s’en rend d’ailleurs compte. Pour exemple Facebook qui a choisit Paris pour installer sa nouvelle équipe de recherche européenne sur l’intelligence artificielle. Il s’agit de travailler sur des projets ambitieux de recherche à long terme.

Nous sommes parfois un peu à la traîne, encore une fois, c’est peut-être un manque d’ambition. Mais quoiqu’il en soit, on ne manque absolument pas de talents. »

 

Marc Rougier Scoop.it Startup Weekend Toulon interview

 

Vous pensez qu’aujourd’hui, dans une petite ville comme Toulon, placée entre Marseille et Nice, on peut monter une startup à succès ?

« Le premier oui, c’est parce que les startups se montent n’importe où. Nous sommes dans le domaine du digital, il n’y a absolument aucune frontière. Le deuxième oui, c’est parce que nous sommes dans une guerre des talents, et qu’ils cherchent parfois un cadre de vie et de travail idylliques.

 

Si Toulon était intelligente, elle pourrait jouer justement jouer sur cette carte. La vérité, c’est que j’ai voyagé toute ma vie et j’ai vécu dans plein de pays. Je suis à chaque fois revenu en France. Toulon est pour moi la plus belle ville du monde, elle a tout pour elle : un climat rêvé, une histoire, la mer et un côté multiculturel, c’est une chance. L’écosystème est encore un peu à la traîne ici, on a besoin d’être challengés, on a besoin de mentors et d’entreprises à succès. »

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