Excellent, joyeux, énergique, planant… les mots et qualificatifs positifs à l’encontre du duo AaRON ne manquent pas à la sortie de l’Espace Malraux de Six-Fours après le concert. Quelques minutes avant cette parenthèse musicale, nous étions en loge avec Olivier (piano, guitare, batterie), l’un des membres fondateur du groupe.
Ayant eu le privilège d’assister aux balances (le moment où les artistes règlent lumières, micros et instruments), nous ne pouvons nous empêcher de sourire lorsque Simon, le chanteur, est pris d’un fou rire pendant l’une des chansons. Lorsque nous demandons à Olivier pourquoi ce moment de gaieté, il nous répond que c’est la fatigue, durant cette tournée, qui prend parfois le dessus.
« Nous avons des dates sur Paris, Nice, Saint-Etienne… mais aussi en Belgique, en Allemagne, en Russie ou encore au Canada. D’ailleurs, nous allons pour la première fois jouer à Moscou. La première date de cette tournée, et de ces nouveaux morceaux, s’est faite à Istanbul. » nous détaille Olivier.
Durant près de 4 ans, le duo n’avait sorti aucun disque et aucun nouveau titre. Lorsqu’on parle de pause et d’absence à Olivier, celui-ci nous explique « Durant les 4 ans, il y a déjà eu 2 ans de tournée. Après ça, nous avons pris 2 ans pour nous, pour voyager. Nous voulions ressortir un album, oui, mais après avoir vécu des choses pour donner du sens à tout ça et pas juste pour se dire qu’il fallait en sortir un. Les grands espaces nous ont beaucoup influencés, comme par exemple lorsque nous nous retrouvons au milieu du désert, dans une voiture à l’arrêt. Il y a un calme et un silence intenses. »
Mais avant la sortie de ce nouvel album, AaRON a souhaité sortir un premier titre, sous le nom « Blouson Noir », sans évoquer une seule fois le nom AaRON, de manière anonyme donc. « Notre idée était de revenir uniquement par la musique et pas par le nom du groupe. C’était un peu mystérieux mais nous ne voulions garder de la place que pour la musique. C’était assez drôle de voir qu’une maison de production nous a contactés afin de nous annoncer qu’elle voulait nous produire. » en sourit encore Olivier.
Après cette phase d’anonymat, le groupe revient finalement dans les bacs avec son nom original, AaRON : « Le nom parle aux gens ».
« L’album est sorti en septembre et a reçu un très bon accueil. Les concerts se passent bien et le public est vraiment bienveillant avec nous. Tout va très vite depuis la sortie de l’album… Il faut dire qu’il nous ressemble vraiment. Le premier album réunissait plutôt mon (Olivier) énergie et le deuxième plutôt celle de Simon. Le troisième est vraiment un rassemblement de nos deux énergies. C’est justement le temps de pause entre la dernière tournée et ce nouvel album qui nous a permis cet aboutissement » complète Olivier.
« Nous sommes vraiment contents d’avoir repris une tournée. Le travail en studio et le live sont deux choses complémentaires. On a avait besoin de partager, de prendre la route, de rencontrer les gens. Pour nous, la musique est juste une entrée dans le monde artistique. C’est entre autres pour ça qu’on se tient à créer de beaux effets de lumière pendant nos concerts. »
Et lorsqu’on ose évoquer ce qu’il s’est passé récemment à Paris, Olivier se confie « Il y a une émotion particulière après les attentats. Quelque chose a changé et désormais venir à un concert est une démarche particulière, d’autant plus car c’est encore frais dans les esprits. L’important, c’est d’être ensemble malgré nos différences et de ne pas sombrer dans la peur, et avoir peur de l’autre. Il faut rester ouverts et transformer ça en quelque chose de positif, même si ça n’est bien sûr pas évident. On a joué à Paris mercredi dernier. C’était encore plus particulier, mais c’était surtout un très beau moment. »







