Le Rugby Club Toulonnais riche de 812 sélections au coup d’envoi, ainsi que de 4 champions du monde partait logiquement favori des pronostics. Ce match mettant aux prises le champion d’Europe avec le champion de Pro D2 s’annonçait déséquilibré, même s’il ne faut passer outre la qualité des joueurs locaux (tombeur à domicile de Castres, le champion en titre, de Clermont, vice champion d’Europe, ainsi que de Biarritz).
Une entame dantesque
Oyonnax euphorique dans son antre Charles-Mathon à guichets fermés, entame le match pied au plancher, avec son arrière, Florian Denos, qui va rapidement à l’essai, transformé par le buteur maison (7-0), mais paye cher sa belle action en se blessant à l’épaule (victime d’une luxation), remplacé au pied levé par un ancien de la rade : Conrad Barnard, dont on connait la qualité.
Mais les varois, sans être brillants, restent solides, et maîtrisent leur sujet, en s’appuyant sur un Wilkinson de gala (10e, 16e, 22e, 27e). Le buteur local Urdapileta lui répond avec brio, mais le RCT pense avoir le dernier mot avec cet essai de Delon Armitage avant la pause en bout de ligne, transformé magnifiquement par Sir Wilko en coin, mais c’était sans compter sur Conrad Barnard qui claque un drop plein d’opportunisme.
A la mi-temps, 3 points seulement séparent les deux équipes (19-16), au terme d’une première période d’excellent niveau.
Urdapileta, ce maestro
On pense alors au banc expérimenté du RCT capable de passer à la vitesse supérieure, mais les locaux, perdant pourtant rapidement leur capitaine suppléant au retour des vestiaires : Thibault Lasalle sur blessure (à la cheville), ne s’affolant pas, et reprennent l’avantage (59e) grâce à leur numéro 10. La réponse de Wilkinson, suite à une grossière faute sur Giteau, ne tarde pas, et permet aux joueurs de la rade de revenir à égalité (61e), mais dans la foulée Wilko connaît son premier échec au pied (74e).
L’issue de la rencontre, après 3 cartons jaunes dont deux pour Oyonnax dans les 15 dernières minutes, semble se diriger vers ce match nul, qui aurait été déjà une énorme satisfaction pour les locaux. Mais le buteur argentin de tous les bons coups, avec audace, claque un drop somptueux (77e) de 35 mètres. Ce diable d’Urdapileta, auteur d’un match abouti, à l’image de son début de saison.
L’exploit est majuscule, et dithyrambique !! Le petit stade des Alpes ne s’y trompe pas et peut enfin exulter.
Le RCT enchaîne son 3ème match décevant, et perd sa première place, le troisième ligne Joe Van Niekerk de retour aux affaires, ne s’y trompera pas en parlant de « désillusions » après la rencontre.


