Il y a quelques jours, nous vous parlions de la soirée de soutien à Charlie Hebdo et pour la liberté d’expression organisée par le Théâtre Liberté de Toulon.
Parmi les invités présents : Patrice Maggio (rédacteur en chef de Var Matin), Dominique Dabin (directeur du Club de la Presse du Var), Jean-Marie de Peretti (journaliste à Reporters Sans Frontières), Loutcha Dassa (présidente de l’association Les Chantiers du Cinéma) et Corinne Jaber (comédienne actuellement à l’affiche au Théâtre – Oh, mon doux pays), remplaçant la réalisatrice qui n’a pu se déplacer.
Pour ceux qui n’ont pu y assister, nous tenions à faire un retour sur cette soirée qui a pu diviser mais qui a réuni les participants autour d’une volonté unique : celle de comprendre, si ce n’est de libérer la parole sur un sujet tristement d’actualité.
La projection de Caricaturistes, fantassins de la démocratie
Après un bref discours de Charles Berling, le co-directeur du Théâtre Liberté, commence la projection du film de Stéphanie Valloatto « Caricaturistes, fantassins de la démocratie ». Avec ce documentaire, la réalisatrice s’intéresse au travail de 12 dessinateurs de presse à travers le monde. Qu’ils soient français, tunisiens, russes, mexicains, américains, burkinabés, chinois, algériens, ivoiriens, vénézuéliens, israéliens et palestiniens, tous sont réunis par le langage universel du dessin.
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Réalisé avant la tragédie de Charlie Hebdo, ce documentaire permet de se rendre compte de l’intensité de la pression que pouvaient déjà subir les dessinateurs de presse : menaces, sanctions, parfois de l’autocensure des dessinateurs face aux réactions que pourrait susciter une caricature du pouvoir ou de la religion.
Débat
L’image sur laquelle se termine le documentaire laisse naturellement place au débat de par le sens qu’elle représente : le mot « Libertad » écrit dans le sable, menacé par les vagues.
Dans la salle, les premières réactions sur le film se font entendre. On retiendra un film édifiant qui devrait être diffusé à une heure de grande écoute car il permet de comprendre et touche tous les publics. Puis des questions plus générales se posent : peut-on rire de tout ? La parole est-elle vraiment plus libre depuis les événements ? Ne faut-il pas distinguer liberté d’expression et liberté de lecture ? Et finalement que veulent dire ces quelques mots : « Je suis Charlie » ?
Pour les invités, émotion, tristesse mais aussi stupéfaction sont les mots qui décrivent leurs réactions lors de l’annonce de l’événement du 7 janvier 2015. L’on perçoit dans leurs paroles cette volonté de rester unis et de tout faire pour éviter les débordements. À ce titre, Jean-Marie de Peretti a annoncé que Reporters Sans Frontières allait proposer aux responsables religieux une charte autorisant le droit au blasphème qui n’est pas reconnu par le droit français.


